Massages et exercices
Les massages ont longtemps occupé une place centrale dans les soins dispensés par les masseurs-kinésithérapeutes. Toutefois, leur pratique a considérablement évolué ces dernières années, laissant de nombreux patients perplexes, voire déçus, face à l’absence de massage dans leur prise en charge. Aujourd’hui, les séances de kinésithérapie privilégient des approches actives et des exercices spécifiques, reléguant le massage à un rôle secondaire.
Dans cet article, Jérôme Auger, kinésithérapeute à Paris, explique les raisons de cette transformation, clarifie la différence entre kinésithérapeutes et masseurs bien-être, et met en lumière les alternatives thérapeutiques désormais privilégiées en cabinet.
Plusieurs facteurs expliquent la diminution de la pratique du massage par les kinésithérapeutes :
L’une des principales raisons expliquant la diminution des massages en kinésithérapie est l’absence de preuves scientifiques suffisantes démontrant leur efficacité pour traiter les pathologies. Bien qu’ils procurent un soulagement temporaire, des études ont révélé que d’autres approches ciblées offrent de meilleurs résultats dans la prise en charge des douleurs chroniques et des troubles musculo-squelettiques.
En effet, grâce aux avancées scientifiques, les kinésithérapeutes ont progressivement intégré des techniques fondées sur des preuves, telles que la thérapie manuelle, les ondes de choc, les exercices thérapeutiques et les programmes de renforcement musculaire .
Ces méthodes permettent d’agir directement sur les dysfonctionnements musculo-squelettiques et favorisent une rééducation active du patient pour des résultats plus durables.
La loi de modernisation du système de santé de 2016 a modifié la définition de la masso-kinésithérapie, supprimant la mention explicite du massage. Cette évolution législative a ouvert la voie à d’autres professionnels pour proposer des massages de bien-être, réservant aux kinésithérapeutes les actes visant à prévenir , maintenir ou restaurer les capacités fonctionnelles .
Bien que le massage procure un bien-être immédiat, son efficacité sur le long terme pour certaines pathologies est limitée. Les kinésithérapeutes orientent donc leurs interventions vers des techniques qui garantissent des bénéfices durables pour la santé de leurs patients.
La kinésithérapie a considérablement évolué, avec une diversification des compétences et des spécialisations. De nombreux praticiens se consacrent aujourd’hui à des domaines spécifiques tels que la pédiatrie , la gériatrie , la neurologie ou la rééducation sportive , nécessitant une expertise approfondie et des techniques adaptées à chaque patient.
Plutôt que de se limiter aux massages, les kinésithérapeutes intègrent des approches avancées, comme les manipulations vertébrales ou les thérapies manuelles , afin d’optimiser la prise en charge et d’apporter des résultats plus précis et durables.
Il est essentiel de distinguer les rôles et compétences de ces deux professionnels :
Professionnel de santé diplômé d’État, le kinésithérapeute intervient sur prescription médicale pour traiter des affections spécifiques. Ses compétences englobent diverses techniques, dont certaines manuelles, visant à rééduquer et restaurer les fonctions motrices des patients.
Ce praticien, non soumis à une réglementation stricte, propose des massages destinés à la relaxation et au bien-être général . Ses interventions ne visent pas à traiter des pathologies spécifiques et ne nécessitent pas de prescription médicale.
La distinction principale réside donc dans l’objectif de l’intervention : thérapeutique pour le kinésithérapeute, et relaxant pour le masseur bien-être.
Face à la diminution de la pratique du massage traditionnel, les kinésithérapeutes proposent diverses alternatives thérapeutiques :
Cette approche consiste en des mobilisations spécifiques des articulations et des tissus mous pour améliorer la fonction et réduire la douleur.
Personnalisés selon les besoins du patient, ces exercices visent à renforcer les muscles, améliorer la flexibilité et restaurer la fonction.
Informer et autonomiser le patient sur sa condition, les stratégies de gestion de la douleur et les moyens de prévenir les récidives.
Utilisation d’appareils tels que l’électrothérapie , les ultrasons ou la cryothérapie pour traiter diverses affections.
Ces approches permettent une prise en charge globale et active du patient, favorisant une rééducation efficace et durable.
La place du massage dans la pratique des kinésithérapeutes a évolué en réponse aux avancées scientifiques, aux modifications législatives et aux attentes des patients. Si le massage bien-être s’est démocratisé, les kinésithérapeutes se concentrent désormais sur des interventions thérapeutiques basées sur des preuves d’efficacité, garantissant une prise en charge optimale de la santé musculo-squelettique de leurs patients.
Toutefois, cela ne signifie pas que le massage a totalement disparu de la kinésithérapie. Il reste un outil précieux dans certaines situations, notamment pour favoriser la détente, réduire le stress, soulager les douleurs, préparer les muscles à l’effort ou encore optimiser la récupération après une activité physique.
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